Raccompagnant hier Zhu Rongji, son hôte chinois, sur le perron de
l'Elysée à l'issue d'un long entretien, puis d'un aparté suivi d'un déjeuner, Jacques Chirac arborait l'air radieux de ceux qui conjuguent travail et plaisir. Après une longue poignée de main autour de palabres d'adieu, le Président a tenu à saluer encore le Premier ministre chinois à travers la vitre de la Safrane en joignant ses deux mains à hauteur du front, comme cela se fait parfois en Chine le geste symbolise le fameux «kowtow» qu'en d'autres temps les sujets de l'empereur adressaient au «fils du ciel» et à ses mandarins en se frappant la tête sur le sol.
Le Président avait mis les petits plats dans les grands pour son hôte de marque, qui s'est déclaré ravi, y compris sur les sujets qui fâchent. «Nous avons une identité de vues sur les droits de l'homme», a affirmé Zhu Rongji sans la moindre hésitation. Cette question, sur laquelle la Chine et les pays occidentaux, notamment les Etats Unis, sont en conflit depuis la fin des années soixante-dix, a été abordée par les deux hommes, au cours d'un entretien privé hier matin à l'Elysée, puis publiquement à l'issue du déjeuner. Chirac s'est déclaré «heureux de l'évolution des choses» en rappelant qu'il avait engagé en 1996, lors du premier sommet Asie-Europe (ASEM) à Bangkok, un processus de «dialogue constructif» avec la Chine. Ce revirement avait suscité de nombreuses critiques, notamment chez les dissidents chinois, pour qui la France «brade les droits de l




