Genève de notre correspondant
Brandissant un chalumeau à gaz, Pierre Sané, secrétaire général d'Amnesty International, s'est exclamé: «Ceci est un instrument de torture qui a provoqué des centaines de morts dans les postes de police algériens. Dans dix ans, les Etats défileront en Algérie en reconnaissant que leur inaction était criminelle.» Renvoyant dos à dos la violence des groupes islamistes armés et les exactions des services de sécurité, quatre organisations non gouvernementales ont tenté hier, à Genève, de rompre l'immobilisme de la Commission des droits de l'homme des Nations unies.
Tenant séance en face de la salle où se réunissent ces diplomates à vocation humanitaire, Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), Human Rights Watch, Reporters sans frontières ont lancé un appel commun: «Il ne reste que sept jours ouvrables avant la fin de la Commission et, à ce jour, aucune initiative n'a été prise, ni même proposée, concernant l'Algérie. Entre-temps, en Algérie, des enfants continuent d'être massacrés, des femmes sont kidnappées et violées, des hommes sont arrêtés chez eux et disparaissent dans la nuit.» Alors que le conflit a fait au moins 80 000 morts en six ans, le fait qu'aucun Etat n'ait «assez de cran» pour exiger une commission d'enquête de l'ONU a été dénoncé comme une «lâcheté inqualifiable» par les intervenants. «Passivité coupable», a surenchéri le président de la FIDH, Patrick Baudoin.
De fait, il y a peu d'espoir qu'ab




