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Libération

L'Argentine arrête un criminel du IIIe Reich. Le Croate Dinko Sakic, qui dirigeait un camp de concentration, va être extradé.

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Publié le 02/05/1998 à 2h39

Buenos Aires, de notre correspondante.

Le criminel de guerre croate, Dinko Sakic, a été arrêté jeudi seulement quatre jours après que le gouvernement croate eut demandé son extradition aux autorités argentines, un temps record. Elles l'ont acceptée et il devrait être rapidement expulsé. Repéré depuis des mois par une chaîne de télévision argentine, l'ancien oustachi (croate pro-hitlérien) avait reconnu avoir dirigé le camp de concentration de Jasenovac en Croatie. «Un simple camp de travail où les juifs avaient leur propre administration», déclarait le 6 avril sur les écrans cet homme de 76 ans aux allures de paisible retraité. «Sakic est un féroce assassin. Les crimes commis à Jasenovac étaient d'une cruauté primitive. Des milliers de Serbes, Juifs, Tziganes et Croates opposants au régime y ont été fusillés, égorgés, ou tués à coups de marteaux», relate Sergio Widder, du centre Simon-Wiesenthal de Buenos Aires. Cet organisme estime qu'un demi-million de personnes ont péri dans ce camp.

C'est en 1992 que l'Argentine a commencé à affronter son passé de havre de paix pour les anciens nazis. A la demande du Congrès mondial juif, le président Carlos Menem a bien voulu ouvrir les archives. Après celles de la police, des services secrets ou de l'administration des douanes, les chercheurs ont pu consulter «les archives de la Banque centrale, des forces armées et du ministère de l'Intérieur», souligne un rapport de la Ceana (Commission d'éclaircissement des activités nazies en Argent

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