Menu
Libération

Un évêque pakistanais se tue pour ses ouailles. Par son suicide, il voulait dénoncer les brimades infligées aux non-musulmans.

Réservé aux abonnés

Publié le 08/05/1998 à 3h08

John Joseph, un évêque et militant des droits de l'homme au

Pakistan, a jugé hier que seule une forme de sacrifice ultime pouvait servir à faire entendre la voix de la petite communauté catholique du pays (1,5 million de fidèles). Membre de l'ONG Commission justice et paix, se battant depuis de nombreuses années pour l'abolition de la «loi sur le blasphème», qui menace de mort tous ceux qui diffament le prophète Mohammed, l'évêque s'est présenté devant le tribunal de Sahiwal, au centre du pays. Un mois plus tôt, la cour de cette ville avait condamné à mort un chrétien, Ayub Masih, âgée de 25 ans, pour «diffamation à l'encontre du prophète Mohammed». Après avoir plaidé pour la suspension de la condamnation frappant Ayub Masih et servi à ses coreligionnaires convoqués pour l'occasion un sermon sur l'unité des chrétiens et des musulmans, le prélat de la cité industrielle de Faizalabad (Pendjab) s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête. Les évêques participant au synode sur l'Asie au Vatican, apprenant la nouvelle, se sont dits «bouleversés».

Pression intégriste.

Le blasphème a été inscrit dans la Constitution nationale, en 1985, par l'ancien président Zia Ul-Haq, afin de s'attirer les faveurs des communautés islamistes pakistanaises. Il concerne «quiconque, oralement ou par écrit, ou par représentation visible, ou par imputation, ou par insinuation, que ce soit directement ou indirectement, diffame le nom sacré du prophète Mohammed». A l'origine, ce texte ne prévoyait que

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique