Genève de notre correspondant.
L'ironie est cinglante. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), chargée de veiller au bien-être de l'espèce humaine, est l'agence la plus malade du système onusien. L'organisation a perdu une grande partie de sa crédibilité avec le règne de dix ans d'Hiroshi Nakajima. C'est donc avant tout en docteur que Gro Harlem Brundtland, l'ex-Premier ministre norvégien, et nouvelle directrice générale, va venir tenter de la sauver. Depuis longtemps, le bilan de santé de l'organisation, qui célèbre cette année son demi-siècle, est inquiétant: rumeurs de corruption et de népotisme, gestion calamiteuse, problèmes de budget, graves dérapages en Afghanistan où la politique de discrimination sexuelle en matière de santé avait été cautionnée par le responsable de l'OMS" Chausse-trapes. C'est à la tête de cette organisation traumatisée qu'arrive Gro Harlem Brundtland. Pour cette prise de fonction, qui intervient alors que l'organisation fête son cinquantenaire, le monde diplomatique accourt, dont Fidel Castro et Hillary Clinton qui dormiront dans le même palace à Genève. Cet aréopage ne sera pas de trop au vu de la tâche de redressement qui attend Gro Harlem Brundtland. L'OMS a reculé ces dernières années sur plusieurs fronts. Le sida est désormais chapeauté par les Nations unies. La Banque mondiale s'intéresse de plus en plus aux problèmes de santé. Certains gouvernements du tiers monde se plaignent de l'accent mis sur les maladies des pays riches. L'industri




