Menu
Libération

Indonésie: l'armée sort de l'ombre et gronde. Le chef d'état-major interdit toute manifestation anti-Suharto.

Réservé aux abonnés

Publié le 19/05/1998 à 1h40

Djakarta envoyé spécial

Le ministre de la Défense et chef d'état-major de l'armée indonésienne, le général Wiranto, a annoncé hier soir une reprise en mains qui risque de déclencher une nouvelle confrontation entre le pouvoir et les étudiants qui exigent depuis trois mois la démission du président Suharto. Dans une déclaration surprise à la télévision nationale, le général Wiranto a opposé une fin de non-recevoir au président du Parlement, Harmoko, qui a appelé le jour même Suharto à démissionner «pour sauvegarder le bien et l'unité nationale». Les traits tirés, Harmoko a expliqué pendant la journée que sa décision avait été prise après avoir consulté les vice-présidents de toutes les composantes du Parlement, y compris l'armée (qui se voit ga- rantie par la Constitution 75 sièges de députés). Coupant court aux espoirs des opposants, le général Wiranto a affirmé que l'appel du président du Parlement «n'a pas de base légale» et «est individuel par nature». En guise de concession, il a assuré que l'armée allait «s'efforcer de mettre en place un conseil de réformes afin de travailler avec le Parlement ainsi qu'avec des personnes publiques significatives». Pour finir, il a interdit une manifestation pour la démission de Suharto que les étudiants entendent tenir mercredi ­le jour-symbole du 90e anniversaire du début de la lutte anti-coloniale de la nation indonésienne. Plus de 500 morts. Intransigeant, le général a justifié son message comminatoire en rappellant les «pertes huma

Dans la même rubrique