Buenos Aires, de notre correspondante.
Décision sans précédent, le juge argentin Adolfo Bagnasco vient de lancer des mandats d'arrêt internationaux contre quatre directeurs d'IBM, dans le cadre de l'un des plus gros scandales de corruption touchant le gouvernement du président Carlos Menem. L'affaire remonte à un peu plus de trois ans, avec la découverte d'irrégularités dans un contrat prévoyant l'informatisation, par IBM, de 597 succursales de la banque publique argentine, Banco Nación. Sur le montant total (249 millions de dollars), il y aurait eu surfacturation et pots-de-vin (37 millions de dollars) versés par la filiale argentine d'IBM au Banco Nación. Une société censée fournir à IBM un système alternatif aurait servi de façade à l'opération. Quelques mois plus tard, les mêmes soupçons pesaient sur un contrat (513 millions de dollars) du même type entre IBM et la Direction générale des impôts, ainsi que sur un autre encore avec la municipalité de Buenos Aires.
En 1996, une trentaine d'inculpations touchaient les directeurs du Banco Nación et de la filiale argentine d'IBM, dont certains passaient quelques mois derrière les barreaux. En mars dernier, le juge Adolfo Bagnasco obtenait la confirmation que de grosses sommes avaient été déposées en Suisse au nom des principaux cadres du Banco Nación, tous fonctionnaires de l'Etat. A Buenos Aires, un des ex-directeurs du Banco Nación, ami du président Carlos Menem, reconnaissait avoir reçu un «remerciement» de l'entreprise IBM,




