Golfe Nuevo envoyée spéciale.
Chaque année, de mai à décembre, des centaines de baleines franches australes se rassemblent près de la péninsule de Valdés. «Regardez, elle est maintenant sous la coque. Elle nous observe. Dans quelques secondes, elle va émerger devant le bateau», explique un marin. Soudain, une masse noire brillante affleure à la surface, se soulève doucement, avant d'expirer bruyamment un jet saturé de vapeur d'eau. La baleine franche australe pèse pas moins de 35 tonnes sur une quinzaine de mètres.
Nous sommes sur la côte de Patagonie, en plein golfe Nuevo, situé au creux de la péninsule de Valdés (province de Chubut). Chaque année, vers mai, les baleines arrivent dans ces eaux calmes, milieu idéal pour la reproduction qui se prolonge jusqu'au début de l'été austral, fin décembre. La baleine franche, très riche en huile, qui se déplace lentement, non loin des côtes, en provenance de l'Antarctique, était jadis considérée «franchement» idéale pour la chasse, d'où son nom. Alors qu'au début du siècle, plus de 100 000 d'entre elles nageaient dans les eaux de la planète, on en dénombrait moins de 1500 en 1974. Depuis le début de leur protection, en 1935, leur nombre total est passé à 3500, dont un cinquième se retrouve annuellement près de Puerto Piramides. Une affluence que les scientifiques n'ont pas fini de s'expliquer.
«Il est probable qu'elles trouvent ici la paix qu'elles ont cherchée tout au long de leur tragique histoire, avance Antonio Torrejon, directeur d




