Jiayu envoyée spéciale
Le groupe de paysans hisse avec peine une vieille barque sur la gigantesque digue qui longe le Yang-Tseu. Ils sont encore sous le choc du drame qui s'est déroulé samedi à quelques kilomètres en aval, quand une digue s'est effondrée sous la pression des eaux en crue depuis plus d'un mois. «Il y a eu au moins mille morts là-bas», soupire l'un d'eux. «Peut-être même plus», renchérit son voisin. Ils s'estiment presque chanceux de n'avoir perdu que leurs maisons, englouties «sous des mètres d'eau», raconte le plus vieux d'entre eux en désignant l'immense étendue boueuse, dont la force meurtrière se pare de la placidité trompeuse d'un immense lac. «Samedi, ils ont aussi été obligés de dynamiter d'autres digues pour orienter l'eau vers une zone de diversion pour protéger Wuhan», explique-t-il.
Le vieux paysan a tout perdu, sauf ses animaux qu'il avait mis à l'abri, et vit maintenant chez des amis installés de l'autre côté de la grande digue, le dernier rempart contre la crue du Yang-Tseu. «On ne peut rien faire contre les inondations», soupire-t-il avec le fatalisme qui semble habiter la plupart de ceux qui vivent sur les rives du fleuve le plus capricieux et le plus dangereux de Chine. Personne ne connaît le nombre de victimes emportées par les flots après la rupture de la digue de Paizhou, à quelque 70 km en amont de la grande ville industrielle de Wuhan, dans le centre de la Chine.
Quatre jours après le drame, les médias officiels ne laissaient encore filtre




