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Libération

Birmanie : l'armée muselle l'anniversaire du massacre. Pas de manifestation pour les dix ans de la répression.

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Publié le 10/08/1998 à 9h06

Rangoon envoyé spécial.

La junte militaire au pouvoir en Birmanie depuis le massacre par l'armée de plusieurs milliers de manifestants, il y a tout juste dix ans, n'a pas l'habitude de faire dans le détail. Au cours des semaines précédentes, la presse officielle avait brutalement averti l'opposition démocratique, qui s'apprêtait à commémorer samedi l'anniversaire de la répression sanglante du 8 août 1988, que l'armée n'hésiterait pas à recourir à tous les moyens à sa disposition contre les «agents-saboteurs» et les «éléments subversifs répondant aux ordres de leurs maîtres étrangers». Ces mises en garde ont eu raison des volontés les plus audacieuses.

Aucun acte téméraire. La journée de samedi, attendue par les Birmans comme un jour de gros temps, s'est déroulée paisiblement, sous les habituelles averses de mousson. Quelques tracts de couleur rouge exhortant la population à «ne pas renoncer et à ne pas oublier» ont été distribués en catimini par des étudiants aux abords de la pagode Shwedagon, dont la coupole sertie de plaques d'or et haute de près de cent mètres domine Rangoon. Mais alors même que l'hostilité au régime est partout palpable dans la capitale, ces bravades qui auraient pu se révéler très coûteuses pour leurs auteurs n'ont inspiré aucun acte téméraire. Seuls 18 étrangers (6 Américains, 3 Thaïlandais, 3 Malaisiens, 3 Indonésiens, 2 Philippins et un Australien) ont été arrêtés hier à Rangoon, accusés d'avoir distribué des tracts en faveur des droits de l'homme et

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