Quatre ans après sa création, le Tribunal pénal international pour
le Rwanda (TPR) a reconnu un premier prévenu coupable de génocide et, ce faisant, a transformé la Convention sur le génocide, adoptée en 1948, au sortir de l'Holocauste, en droit positif. Hier, le TPR a jugé coupable Jean-Paul Akayesu, l'ancien maire de la commune rwandaise de Taba où, d'avril en juin 1994, environ 2000 Tutsis ont été massacrés. La sentence ne sera cependant prononcée que dans quelques semaines, à la suite d'une dernière audience permettant au procureur et à la défense de plaider des circonstances aggravantes ou atténuantes. La peine maximale prévue est la réclusion à perpétuité. A Arusha, la ville tanzanienne où siège le TPR, trente et un prévenus en détention attendent leur jugement. Au Rwanda, où la justice locale a statué depuis un an sur le sort de 346 Hutus accusés de génocide, 112 sentences de mort ont été prononcées et 22 exécutées à ce jour. Au total, quelque 135000 présumés «génocideurs» sont détenus dans les prison rwandaises.
Bain de sang général. Depuis l'ouverture du procès contre Jean-Paul Akayesu, en janvier 1997, le TPR a consacré vingt mois au cas de l'ancien maire de Taba, inculpé de quinze chefs d'accusation. Agé de 45 ans, le prévenu est issu d'un parti d'opposition à l'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, et avait été élu en avril 1993, un an avant le début du génocide contre les Tutsis. Tous les témoins comparaissant, y compris ceux de l'accusation, ont reconnu




