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Libération
Interview

«Le Japon dépend totalement des informations américaines». Pour l'expert Kensuke Ebata, le Japon devrait se doter d'un satellite d'alerte.

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Publié le 05/09/1998 à 11h11

Tokyo, de notre correspondante.

Kensuke Ebata, analyste militaire indépendant, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les questions de sécurité en Asie.

De quels moyens le Japon dispose-t-il pour riposter à un tir de missile nord-coréen?

A l'heure actuelle, nous n'avons ni la capacité de détecter un lancement de missile ni a fortiori de le neutraliser. Le Japon est totalement dépendant des informations fournies par les Américains puisqu'il ne dispose ni de satellite de reconnaissance qui permettrait de voir ce que préparent les Nord-coréens et encore moins de système d'alerte satellitaire capable de détecter un tir de missile en temps réel. Bien sûr, nous ne sommes pas totalement démunis. Nous avons les moyens de suivre la progression d'un missile. Les Forces d'autodéfense maritimes disposent de quatre destroyers Aegis équipés de radars pouvant détecter des missiles. Mais les données qu'ils recueillent ne peuvent pas être traitées en temps réel. Ce type de système permet seulement de reconstituer après coup la trajectoire du missile.

Le tir nord-coréen au dessus de l'archipel a relancé le débat sur la nécessité pour le Japon de se doter d'équipements de détection plus sophistiqués, d'améliorer son système de défense anti-aérienne. Quels problèmes politiques cela pose-t-il?

Le Japon a les moyens techniques et financiers de développer et de lancer son propre satellite de reconnaissance. Il dispose d'ailleurs d'un satellite d'observation mais qui n'est pas utilisé (du moins officiel

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