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La chute du banquier Boukato

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Le PDG de la Mosbisnessbank lutte contre la faillite.

Publié le 10/09/1998 à 11h36

Moscou, envoyé spécial.

Viktor Ivanovitch Boukato a des insomnies. «Cette nuit, je me suis réveillé à 4 heures du matin. C'est le stress qui m'empêche de dormir.» Président de la Mosbisnessbank, 11e banque de Russie, il s'échine à sauver son établissement de la faillite. «On ne peut rien prévoir à une semaine, pas même à trois jours. J'ai connu d'autres crises, mais jamais comme ça.» L'immeuble de la Mosbisnessbank, palais de la fin du XIXe luxueusement restauré, à deux pas du Kremlin, respire la richesse et la puissance. Mais les 5 000 salariés de cette banque spécialisée dans le crédit aux petites et moyennes entreprises se font du souci. Près de 250 employés ont été remerciés ces dernières semaines. «Et si la situation ne s'arrange pas rapidement, leur nombre va augmenter», prévient Viktor Boukato. La banque risque-t-elle la faillite à court terme? «Da!»

Ancien apparatchik. A 59 ans, il croyait sans doute achever tranquillement sa carrière dans son immense bureau lambrissé, entre ses deux cheminées en marbre et ses fauteuils de cuir rouge. Cadre dans différentes banques d'Etat sous le régime communiste, il était le numéro 2 de la Banque de la construction lors de la réforme de 1987, lorsque les grands établissements soviétiques ont donné naissance à des banques spécialisées. Il a alors été nommé à la tête de la Gilsotsbank, qui devait devenir, en 1991, la Mosbisnessbank. Viktor Boukato a été une des premières victimes de la crise financière; d'ailleurs, les difficultés ont

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