Province du Heilongjiang, envoyée spéciale.
Dans le nord-est de la Chine, la réalité est bien différente de ce qu'annonçaient les médias chinois. L'autoroute reliant Harbin à Daqing, prétendument coupée en plusieurs points par les flots, s'est révélée parfaitement praticable. A Harbin, que la presse officielle donnait assiégé par les flots, avec un aéroport menaçant de fermer, les avions n'ont jamais cessé de se poser, et les habitants reconnaissent avoir poursuivi normalement leurs activités, sans panique.
2 millions de déplacés. Certes, le fleuve a gonflé, triplant quasiment de volume pour occuper tout l'espace du canal, où de grandes étendues de galets et de sable sont à découvert en temps normal. La rive opposée à la ville est inondée, mais le fleuve n'est sorti de son lit qu'au niveau de ruptures ponctuelles de la digue. La montée des eaux a bien noyé plusieurs habitations jusqu'à la digue suivante, située 2 kilomètres plus loin, mais les habitants ont eu le temps d'évacuer la zone ou vivent encore dans les étages des immeubles. D'après les chiffres des autorités locales, plus de 2 millions de personnes ont été déplacées dans la province, mais aucun mort ni blessé n'a été enregistré. C'est plus en amont, à la limite de la Mongolie intérieure et du Heilongjiang, dans des zones de montagnes et de forêts guère peuplées qu'ont eu lieu les dégâts les plus importants.
Pour autant, une ambiance de veillée d'armes continue à régner dans Harbin. Dans le centre de la ville, le burea




