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Libération
Interview

«Nous étions ligotés par les Rwandais» Un proche de Kabila accuse les troupes du Rwanda des massacres de Hutus au Congo. .

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Publié le 17/09/1998 à 9h49

Kinshasa,, envoyé spécial.

Victor Mpoyo, ministre d'Etat sans portefeuille, est en quelque sorte le Premier ministre par intérim du gouvernement congolais. Très ancien compagnon de route de Laurent-Désiré Kabila, il en est aujourd'hui l'un des conseillers les plus influents. Il répond à Libération au sujet des massacres ayant accompagné la prise de pouvoir de Kabila.

Entre octobre 1996 et juin 1997, des troupes rwandaises ont poursuivi et tué des colonnes de réfugiés et de miliciens hutus sur le sol congolais. Qu'en saviez-vous? Nous l'ignorions au début. L'armée rwandaise maîtrisait la zone et, donc, l'information. Par la suite, malgré nos questions, ils ne nous disaient rien de leurs opérations.

Près de 200 000 personnes ont été massacrées entre Goma, dans l'est, près de la frontière avec le Rwanda, et Mbandaka, dans l'ouest, sur le fleuve Congo. Comment pouviez-vous ne pas savoir?

Je vous le répète, les Rwandais nous empêchaient de pénétrer dans cette zone. En plus, ces militaires semaient sur leur chemin une terreur qui dissuadait les villageois de parler.

La presse étrangère a révélé ces massacres" Evidemment, nous avions de plus en plus de soupçons. Les Rwandais étaient impopulaires au Congo avant d'y entrer, mais nous ne pensions pas que des hommes rescapés d'un génocide pourraient se comporter en sanguinaires.

A Kinshasa, la population ne dissimulait pas sa réprobation en apprenant ces massacres dans les médias étrangers. Au sein du gouvernement, que ressentiez-vous?

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