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Le TPI à l'écoute des victimes serbes. Deux Musulmans et un Croate de Bosnie condamnés pour «crimes de guerre».

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Publié le 17/11/1998 à 14h27

La Haye, de notre correspondante.

Pour la première fois, le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPI) a condamné des Musulmans bosniaques pour des crimes commis contre des Serbes pendant la guerre en Bosnie. Ils étaient trois Musulmans et un Croate à comparaître depuis un an et demi devant le TPI. Si le président nigérian du procès, Adolphus Karibi-Whyte, a acquitté l'un d'entre eux lundi, il a parallèlement imposé aux trois autres des peines allant jusqu'à vingt ans de prison.

Les crimes jugés avaient été commis dès le début de la guerre, en 1992. A Konjic, une petite localité située à 50 km au sud-ouest de Sarajevo, les Musulmans étaient en majorité, suivis des Croates. Les deux communautés ont progressivement conquis par la force les villages avoisinants, de population serbe. Les civils étaient emprisonnés dans des camps. C'est dans l'un d'entre eux, le camp de Celebici, que se trouvaient trois des accusés: Zdravko Mucic, dit «Pavo», Croate et commandant du camp; Hazim Delic, Musulman et commandant adjoint, et Esad Landzo, alias «Zenga», à l'époque un tout jeune garde musulman de 19 ans, qui se révélera une véritable terreur.

«Acte de torture». Environ 500 Serbes de Bosnie sont passés par Celebici, où ils étaient soumis à des conditions déplorables. «Nous avons été horrifiés par le fait que les détenus n'avaient même pas d'eau», a déclaré lundi le président Karibi-Whyte. Pas d'eau, très peu de nourriture, mais surtout des passages à tabac réguliers, des actes d

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