Pékin, de notre correspondante.
La Chine s'inquiète des coups de théâtre en Russie, tout en s'efforçant d'établir des liens stratégiques avec son turbulent voisin. Jiang Zemin, qui parle couramment russe après avoir étudié dans une usine d'automobiles à Moscou dans les années 50, avait établi une relation personnelle avec Boris Eltsine. Mais dans la perspective d'une succession à Moscou, le président chinois, en visite à Moscou depuis lundi, s'efforce de multiplier les interlocuteurs et les garanties de stabilité. Hier, tous les journaux chinois ont salué en une «le développement satisfaisant des relations sino-russes, depuis l'établissement d'un partenariat stratégique en 1996».
Le terme de partenariat stratégique prend ici une connotation particulière. Pékin et Moscou ont été alliés dans la guerre froide, jusqu'à la rupture entre les deux géants communistes, en 1960. Aujourd'hui, les deux voisins expliquent qu'il n'est plus question d'une «alliance», le monde étant devenu multipolaire, ni d'un accord dirigé contre un pays tiers, mais d'un cadre permettant de mettre fin aux années de confrontation tout en créant les conditions pour davantage de coopération, d'échanges et le maintien de la stabilité dans la région.
L'une des questions les plus sensibles concerne le tracé de la frontière le long des 4 000 km qui séparent les deux voisins, à l'origine de plusieurs batailles, la dernière ayant eu lieu en 1969 sur la rivière Oussouri (Extrême-Orient russe). L'essentiel de la déma




