Genève, de notre correspondant.
«Je suis le numéro 1 de Solntsevo" Je m'appelle Mikhaïlov.» Ces quelques mots figurent sur un relevé d'écoutes téléphoniques dont la police genevoise espère qu'il contribuera à condamner Sergeï Mikhaïlov, l'un des plus puissants «parrains» présumés de la constellation mafieuse de Russie. A «pedigree» aussi exceptionnel, mesures de sécurité exceptionnelles pour l'ouverture du procès, lundi à Genève, devant la cour correctionnelle. Un procès en forme de test: la police et la justice helvétiques sont-elles à même de lutter contre le crime organisé lorsque ses effets se déploient à des milliers de kilomètres de la Suisse?
Drogue et proxénétisme. Qui est Sergeï Mikhaïlov? Dans son acte d'accusation du 28 août 1998, le procureur décrit Mikhaïlov comme le «leader» de l'organisation Solntsevkaïa, l'une des mafias les plus solides qui s'est développée à la faveur de la perestroïka. Elle tient «sa structure et ses effectifs secrets», et recourt à «des formes de criminalité faisant appel à la violence, notamment l'extorsion de fonds, le vol de voitures, le brigandage, le proxénétisme et le commerce de stupéfiants», affirme le procureur. En revanche, pour ses avocats, il n'est qu'un banal homme d'affaires russe contre lequel la police suisse s'est déchaînée sans raison. La défense cherche l'acquittement de son client. Seule évidence: c'est dans un climat de crainte que le juge chargé du dossier, Georges Zecchin, a travaillé, tenant un collègue au courant de




