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CINQUANTENAIRE - LES DROITS DE L'HOMME: 1948-1998. Un demi-siècle sous le joug chinois. Depuis 1950, 1,2 million de Tibétains sont morts.

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Publié le 07/12/1998 à 18h50

Au Tibet, où l'occupation chinoise depuis 1950 a fait 1,2 million de

morts sur 6 millions d'habitants, il n'est pas d'article de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui n'ait été bafoué, et qui continue de l'être, selon les rapports disponibles (1). Les militaires communistes chinois parviennent à Lhassa, la capitale du Tibet, en 1951, en affirmant vouloir «libérer le peuple tibétain» du joug féodal du clergé bouddhiste. Un accord en 17 points garantissant au Tibet une véritable autonomie est signé entre Mao Zedong et le dalaï-lama. Mais, loin de respecter cet accord, les autorités communistes imposent un contrôle de plus en plus étouffant, qui provoque une rébellion à Lhassa, en 1959, et la fuite du dalaï-lama en Inde. Soutenue par la CIA américaine et dirigée par un frère du dalaï-lama, la guérilla tibétaine tentera en vain, jusqu'en 1974, de défendre le territoire. A partir de 1959, Pékin mène une politique d'éradication totale du clergé, qui est défroqué ou tué; 6 000 monastères sont dynamités (seuls 13 seront encore debout en 1978).

Pékin adopte une ligne moins répressive à la fin des années 80. Des représentants du dalaï-lama sont invités et des négociations entamées. Mais les émeutes antichinoises de 1987 et de 1989 à Lhassa relancent la logique de répression. Il s'agit pour Pékin d'éradiquer toute velléité d'indépendance. Pékin stigmatise la «clique du dalaï-lama» et, en 1994, déclenche une répression systématique en même temps qu'il encourage l'immigrat

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