La Havane envoyé spécial
Avec la fuite du dictateur Fulgencio Batista dans la nuit de la Saint-Sylvestre, il y a quarante ans, un monde s'écroule, mais la nouvelle société cubaine la révolution n'est pas encore sur les rails. Fidel Castro, 32 ans, est le bras armé de la victoire, le chef incontesté du mouvement le plus déterminé de la lutte contre l'ancien régime, mais d'autres groupes, qui reflètent tout l'éventail politique de l'époque, y ont pris leur part. Le pouvoir sera d'ailleurs assumé, dans les premiers temps, par un président et un gouvernement «bourgeois». Fidel Castro jure encore ses grands dieux qu'il n'est pas communiste et promet d'organiser dès que possible des élections libres. C'est pourquoi la fête nationale du castrisme se célèbre en fait le 26 juillet, date anniversaire de l'attaque que le Lider Maximo avait menée, en 1953, avec ses guérilleros contre la caserne de la Moncada, la place forte de Santiago, deuxième ville du pays (l'épisode allait le conduire en prison, puis en exil). C'est à Santiago d'ailleurs, loin de la capitale, que se tiendront les cérémonies commémoratives de ce 1er janvier. La Havane n'a pas été investie par les armes, elle a été désertée par ses anciens maîtres. Le pouvoir a implosé. Camilo Cienfuegos et Che Guevara pénétreront dans des casernes ouvertes. Fidel Castro n'arrivera que le 8 janvier à La Havane. Le triomphe que lui réserve la population n'en est pas moins total, car les Cubains se retrouvent soulagés d'un régime




