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L'Inde chrétienne sous la terreur des «fous» de Vishnou. Les extrémistes hindous multiplient les violences contre les églises et les fidèles.

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Publié le 05/01/1999 à 23h25

Gujarat, envoyée spéciale.

«C'est la première fois en cinquante et un ans, que j'assiste à une messe sous la protection de la police», s'exclame Joseph, chrétien et Gujarati (habitant du Gujarat) de souche. Le bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles, il contemple d'un oeil sombre la tente multicolore dressée à l'occasion de la messe de Noël et les deux véhicules de police. Joseph mâche sa chique et sa rancoeur devant ce qu'il reste des deux églises de Naroda (près d'Ahmedabad, métropole du Gujarat), détruites il y a quelques mois par plusieurs centaines de fondamentalistes hindous.

Le 14 avril, prenant prétexte d'un permis de construire non conforme, 300 fondamentalistes hindous, équipés de tracteurs, de barres à mine et de pierres se sont jetés sur la nouvelle église en cours d'édification et ont réduit à néant l'ancienne chapelle. Les autorités locales et la police ont laissé faire. «Depuis, on célèbre la messe du dimanche et la prière du soir tantôt chez les uns, tantôt chez les autres», raconte Félix, frère de Joseph. Et ce dernier de cracher d'un jet net et précis le jus rouge de sa chique, avant de rejoindre la centaine d'autres Indiens réunis autour de l'évêque spécialement dépêché pour la cérémonie de Noël.

Autel improvisé. A l'intérieur de l'église de fortune, les enfants de choeur mettent la dernière touche à l'autel improvisé sur deux tréteaux et à la crèche, où trône un bambin en plastique. «Partout en Inde, mais surtout ici au Gujarat, les chrétiens vivent sur la défensi

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