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Colombie: des pourparlers de paix sans le mythique «Tirofijo». Le chef des Farc, doyen des guérilleros, cultive le secret.

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Publié le 08/01/1999 à 23h28

«Si tu donnes ton pardon on t'offrira la paix.» La sentence est

inscrite depuis des années sur le porche de l'église de San Vicente del Caguan, mais devait être hier de circonstance pour inspirer les négociations qui se sont entamées entre l'une des dernières guérillas latines et le gouvernement colombien. Pourtant, les pourparlers n'ont pas commencé sous les meilleurs augures. Si le président Pastrana était bien là, Manuel Marulanda, le chef des Farc (Forces armées révolutionnaires), n'avait pas choisi de se déplacer. Aucune explication n'a été donnée à son absence.

Miami, de notre correspondant régional.

Manuel Marulunda, le plus vieux guérillero du monde ­ il est né le 12 mai 1928 ­, est sans doute aujourd'hui le personnage le plus secret de son pays, bien que la revue Semana l'ait consacré «homme de l'année 1998». Poursuivi pour homicide, kidnapping, terrorisme, vol et rébellion, il s'appelle de son vrai nom Pedro Antonio Marin, mais tout le monde le connaît sous son surnom de «Tirofijo» («Tir juste»), tout un programme.

Tirofijo a grandi dans une famille de petits paysans de Genova, dans la zone caféière du Quindio (ouest du pays). A 16 ans, il se lance dans le commerce du bois. Ses affaires marchent bien quand éclate en 1948 une terrible guerre civile entre les deux grands partis rivaux, libéral et conservateur, la «Violencia». Marin est libéral. Sa petite menuiserie est détruite. Il fuit. «La violence me suivait comme une ombre de village en village», dira-t-il dans son

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