Le magazine People avait vu en lui, autrefois, la «version cauchemardesque du rêve américain». En offrant un million de dollars aux femmes qui auraient des révélations susceptibles de mettre en évidence l'hypocrisie des politiciens de Washington, Larry Flynt a confirmé une nouvelle fois l'épithète. D'ici à la fin du mois, il promet un feu d'artifice avec la publication du Flynt Report, sorte de numéro hors série de sa revue porno, Hustler, les photos en moins mais avec les détails croustillants: une dizaine de leaders du congrès seraient, selon lui, épinglés. Dans les dorures et le velours de son bureau, au sommet de l'immeuble qui domine un carrefour de Hollywood, siège de son groupe de presse, le fier éditeur de Hustler prend un malin plaisir à se payer les «hypocrites» qui, selon lui, peuplent son pays et, surtout, sa classe politique. Handicapé à la suite d'une tentative d'assassinat en 1978, il circule dans un fauteuil roulant plaqué or, où il pose avec une visible délectation pour les photographes.
Strip-tease miteux. En 1996, Larry Flynt a vu son nom à l'affiche des cinémas du monde entier, quand Milos Forman avait fait de sa vie et de son personnage incarné par Woody Harrelson la trame d'un long scénario à la gloire de la liberté d'expression: l'histoire remarquable d'un ancien patron de strip-tease miteux, débrouillard et manipulateur, pacifiste, opposé à la guerre du Viêt-nam, sauvé par son humour. Son retour aujourd'hui sur le devant de la scèn




