Menu
Libération

«Nous aussi avons droit à une patrie». En grève de la faim, Zilan est prête à mourir pour le Kurdistan.

Réservé aux abonnés

Publié le 18/02/1999 à 23h47

Genève, de notre correspondant.

Elle a 20 ans et se dit prête à mourir. Un keffieh à damier noir et blanc sur la tête qui couvre ses longs cheveux noirs, une tunique sur laquelle est écrit en lettres rouge sang «grève de la faim», Zilan Nemrut a arrêté de s'alimenter le 9 février. Depuis mardi, elle manifeste jour et nuit sur la place des Nations à Genève avec des centaines d'autres Kurdes. «Pour que les Nations unies se portent garantes de la sécurité de notre président Abdullah Öcalan. Pour rappeler à l'Europe que le peuple kurde existe. Nous aussi, nous avons droit à une patrie», affirme-t-elle.

Nationalisme militant. Ses phrases sont courtes, comme si l'évidence n'avait pas besoin de mots. Les quinze ans de conflit entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'Etat turc, les 31 000 morts, les 3 millions de Kurdes déplacés dans cette guerre oubliée, elle n'en parle pas. Et pour s'exprimer, elle utilise la langue turque. «Le kurde était interdit à l'école et je le parle très mal», avoue-t-elle. Son engagement? «Les Turcs nous occupent, pillent nos richesses, perquisitionnent nos maisons. Nous devons nous libérer.» Son nationalisme militant, elle le tient de ses parents qui lui ont expliqué «la cause» depuis l'enfance. Vient l'adolescence et le temps de l'engagement: «Mes amis, mes proches sont devenus des soldats du PKK. Je leur apportais de la nourriture, des souliers, tout ce que je pouvais pour les aider.» Battue et torturée. En 1996, les autorités turques l'

Dans la même rubrique