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Doutes sur un procès équitable d'Öcalan. Le Conseil de l'Europe veut envoyer des observateurs.

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Publié le 19/02/1999 à 23h48

Le lieu du procès est déjà fixé, l'île prison d'Imrali dans la mer

de Marmara, évacuée de tous les autres détenus, surveillée par des bâtiments de la marine militaire et des hélicoptères. Incarcéré là dès son arrivée du Kenya Abdullah Öcalan y sera interrogé aujourd'hui par trois procureurs de la cour de sûreté de l'Etat. La première comparution pourrait se faire dès le milieu de la semaine prochaine. Malgré les assurances données par le Premier ministre turc Bulent Ecevit d'un «procès équitable» , de grands doutes demeurent quant à la régularité de la procédure qui sera utilisée à l'encontre du leader rebelle kurde considéré par Ankara comme «l'ennemi public numéro 1». Dans les grands médias la cause est déjà entendue: Abdullah Öcalan, chef d'une «organisation terroriste sanguinaire» mérite le maximum, donc la peine de mort qui toutefois n'a plus été appliquée depuis 1984. La presse turque est coutumière de cette rhétorique. Les capitales occidentales veulent croire qu'un «procès dans le respect de l'état de droit» est possible, appelant Ankara à respecter tous les critères d'une justice impartiale. Le conseil de l'Europe, ainsi que que plusieurs gouvernements, ont déjà annoncé vouloir envoyer des observateurs. Les autorités turques rétorquent «n'avoir de leçon de droit à recevoir de personne» et certains signaux ne laissent pas d'être inquiétants, dont les propos officiels, y compris dans la bouche du chef de gouvernement, sur «un procès très rapide».

«Il est très inquiétan

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