Des heurts sanglants entre chrétiens et musulmans ont encore fait,
hier, au moins cinq morts et douze blessés à Amboine, la capitale des Moluques. Une partie des victimes ont été abattues par la police indonésienne, qui a ouvert le feu pour disperser les deux communautés. Un attentat à la bombe aurait été à l'origine de ces dernières émeutes. Une véritable mécanique de la violence semble s'être enclenchée dans ce paisible archipel de plusieurs dizaines d'îles spécialisées dans le commerce des épices, qui était réputé, depuis une bonne trentaine d'années, pour la placidité et la tolérance de ses habitants.
Depuis janvier dernier, cent soixante personnes ont péri dans des affrontements opposant la minorité chrétienne (40% de la population) et la majorité musulmane. De nombreux villages ruraux, chrétiens pour la plupart, ont été réduits en cendres. Amboine, la capitale de l'île qui porte le même nom, est sinistrée. La plupart des magasins ont été incendiés, rapportent les témoins qui s'y sont rendus. Le terrain est occupé par des gangs chrétiens ou musulmans prêts à en découdre. Les plus folles rumeurs circulent. Hier, des musulmans semblaient persuadés, affirme le correspondant de la BBC, que leurs rivaux ont pour ambition la création d'un archipel indépendant, exclusivement chrétien" Le port d'Amboine est le théâtre de scènes d'exode. Quelque 5 000 musulmans paniqués se pressaient, lundi, dans la plus grande confusion pour tenter de monter à bord de navires qui les transportera




