Lisbonne, envoyée spéciale.
A dix stations de métro du coeur historique de Lisbonne, la nouvelle gare Oriente fait déboucher le voyageur sur le Portugal du XXIe siècle. Pliage de verre et d'acier, son toit évoque les voiles gonflées d'une armada de galions voguant vers le large. Sur les 330 hectares alentour est en train de pousser une ville nouvelle, où dans dix ans vivront 25 000 habitants et travailleront 18 000 personnes. Fierté des autorités portugaises, ce quartier futuriste offre une seconde vie au site de l'Exposition mondiale, qui s'est achevée en septembre. Sur cinq kilomètres de rive du Tage, les vieilles raffineries ont cédé la place à des bâtiments de grands architectes. Les pavillons de l'Expo 98 vont se muer en autant d'équipements ultramodernes pour la capitale: une nouvelle présidence du Conseil des ministres, un musée des Sciences et Technologies, un océanorium, une salle de spectacles de 18 000 places, un nouveau théâtre pour l'orchestre et le ballet national, un nouveau parc des Expositions. Clou du décor: l'imposante silhouette du pont Vasco de Gama, le plus long d'Europe, 12 kilomètres de béton au-dessus du Tage, financé aux deux tiers par des dons et des prêts de l'Union européenne.
«Nouveaux pauvres». Sans l'Europe, ce nouveau Lisbonne serait resté un songe d'urbaniste. Les Portugais ne savent que trop ce qu'ils doivent à Bruxelles: 3 milliards d'euros (19 milliards de francs) chaque année depuis 1994 au titre des aides régionales et du fonds de cohési




