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Libération

Pékin à l'heure de la crise et du réalisme. Le Premier ministre prône la poursuite des réformes.

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Publié le 06/03/1999 à 0h01

Pékin, de notre correspondante.

La forme n'a pas changé, mais le fond est radicalement différent. Pour son premier bilan devant les quelque trois mille députés réunis pour la session annuelle du Parlement chinois, le Premier ministre, Zhu Rongji, a adopté un ton très réaliste, presque sans référence idéologique, en rupture avec ses prédécesseurs. Mea-culpa pour avoir sous-estimé l'ampleur de la crise, engagement à poursuivre les réformes économiques, mise en garde contre les méthodes dictatoriales alors que gronde le mécontentement social, et main tendue vers Taiwan: telles sont les grandes lignes du rapport-fleuve que le chef du gouvernement chinois a présenté hier à l'ouverture du grand rendez-vous politique de l'année, qui doit durer dix jours.

Le rituel communiste est pourtant resté immuable. Les drapeaux rouges flottent sur le gigantesque Palais du peuple qui borde la place Tiananmen. Les députés assurent aux caméras que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les limousines noires aux vitres fumées traversent la capitale dans le hurlement des sirènes de la sécurité. A l'intérieur de l'hémicycle, sur l'estrade, les 160 membres du présidium, composé du bureau politique et de ses permanents, le cerveau du régime, ainsi que quelques députés fort honorés font face au parterre de l'assemblée. Dans les étages, diplomates et journalistes observent la scène à la jumelle. Pendant près de deux heures, face à cet auditoire, Zhu Rongji a alterné autocritique et présentatio

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