Jean-Louis Bourlanges, UDF, est député européen, membre du Parti
populaire européen (PPE), et président du Mouvement européen. Interview.
Quelles sont les racines profondes de la crise européenne?
La démission de la Commission est la résultante d'un processus complexe. Il y a d'abord le péché originel: Jacques Santer a été inventé par les Britanniques pour être un anti-Delors, un président discret qui ne menacerait en rien les Etats. De ce point de vue, il a parfaitement réussi. Mais, en cessant d'agacer, la Commission a cessé d'exister. Du coup, le Parlement n'a jamais vraiment reconnu Santer. Le destin de Santer s'inscrit dans la longue histoire des dompteurs apeurés mangés par les fauves dont ils ont la garde. S'est ajoutée à cela une perte de prestige de la Commission au sein des grands Etats, notamment en Allemagne. Les Etats petits et moyens ont, à mon avis, remporté une victoire à la Pyrrhus en obtenant une promesse de suppression du second commissaire pour les grands Etats. Une Commission dans laquelle les trois Etats baltes pèseraient aussi lourd que l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni ne risque pas d'avoir beaucoup de crédit auprès de ces derniers! Il y a enfin la crise du modèle institutionnel liée aux élargissements. L'institution est devenue trop nombreuse pour fonctionner collégialement et est demeurée trop égalitaire pour permettre à son président d'imposer ses arbitrages. D'où une perte d'autorité sur les services administratifs.
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