Berlin, envoyés spéciaux.
Le sommet de Berlin est, a priori, un succès. Moins de huit jours après la démission de la Commission européenne, un nouveau président a été nommé sans heurt par les chefs d'Etat et de gouvernement. Et contrairement à son prédécesseur, Romano Prodi s'annonce comme un homme fort de l'Union. Les Quinze ont aussi décidé de rouvrir rapidement le chantier de la réforme institutionnelle laissé en plan au Conseil européen d'Amsterdam, en juin 1997. Ensuite, et pour la première fois depuis dix ans, la spirale inflationniste du budget européen est stoppée: les capitales ont réussi à stabiliser les dépenses. Enfin, et surtout, l'Agenda 2000 a été adopté dans les temps. Même si les négociations furent rudes, les Quinze se sont dotés d'un cadre budgétaire jusqu'à 2006, ont réformé la politique agricole commune (PAC) et les aides aux régions les plus pauvres. En théorie, donc, l'UE est en ordre de bataille pour affronter dans les meilleures conditions, puisque c'était le but de ce paquet financier, son futur élargissement à l'Est. Au moment où l'Europe est engagée dans son premier conflit armé même si c'est sous tutelle américaine dans son «étranger proche», voilà qui est prometteur. Alors, pourquoi ces mines d'enterrement affichées par les principaux dirigeants européens aux petites heures de ce vendredi matin berlinois?
Déchirements d'Amsterdam. Tout simplement parce qu'ils ne sont pas naïfs et savent que le beau consensus de Berlin dissimule d'inquiétantes




