Vemdalen envoyé spécial
«Pour l'Etat, l'élevage de rennes n'est qu'un hobby non rentable. Pour nous, c'est une façon de vivre et de survivre.» Anders Kråik, jeune éleveur de rennes lapon (ils s'appellent Sami entre eux) de Vemdalen est inquiet. La situation des Lapons est de plus en plus fragile en Suède. De tout temps, les rennes se sont déplacés de la montagne à la plaine et vice-versa, en toute liberté, au gré des pâturages et de la qualité du lichen. Mais, au cours de ces trente dernières années, les éleveurs ont été privés de vastes étendues de pacage d'hiver au profit de l'industrie forestière. Plusieurs procès en cours pourraient mettre des villages lapons en faillite.
Signe de ce malaise, l'arrestation, il y a quelques jours, d'un député du Parlement lapon de Suède, Olof Johansson, soupçonné d'avoir pris part au sabotage à l'explosif de deux pylônes électriques en août. Même si la justice l'a remis en liberté mercredi, elle le considère toujours comme suspect. L'action avait été revendiquée par un groupe inconnu «pour la liberté de chasse en montagne», un droit que les Lapons considèrent comme le leur en tant que population aborigène, et dont ils ont été privés par l'Etat suédois en 1993. Les pylônes sont restés sur pied, et l'attentat n'a été découvert que trois semaines après l'envoi de la revendication, mais l'émotion en Suède est d'autant plus grande qu'Olof Johansson avait, selon les médias, appelé à la formation de groupes de partisans. Les Suédois n'ont retenu q




