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255 morts entre chrétiens et musulmans. Les Moluques s'embrasent au nom de Dieu. Dans ces îles indonésiennes, les heurts, depuis le 19 janvier, tournent à la guerre de religion. Les deux communautés s'accusent mutuellement de complot.

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Publié le 06/04/1999 à 0h36

Dans l'«île aux Epices», les violences entre chrétiens et musulmans

ont pris un tour de plus en plus violent au fil des derniers jours. Depuis mercredi dernier, 55 personnes au moins ont été tuées, le plus souvent à l'arme blanche, dans des heurts qui ont commencé à Tual, localité à majorité musulmane, à 500 kilomètres de la capitale, Ambon. Puis les massacres se sont étendus aux îles de Larat et de Kei Besar au cours du week-end. A ce jour, depuis le début des émeutes du 19 janvier, 255 personnes ont trouvé la mort dans des affrontements entre les deux communautés.

Ambon (Moluques) envoyé spécial.

Depuis trois mois, dans tout le sud des Moluques, entre chrétiens et musulmans la haine se fait épaisse et tenace. Ambon, jusque-là paisible capitale de l'archipel, qui fut colonie des Pays-Bas du XVIe siècle jusqu'au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, n'a plus rien d'avenant. Une bonne partie de la cité a été réduite en cendres ou saccagée au cours des razzias que s'infligent, à tour de rôle, les deux communautés, qui vivaient jusqu'à ces dernières semaines dans une entente relative. Des dizaines de mosquées et d'églises ainsi que la plupart des villages de la couronne vallonnée qui cerne la ville ont été détruits ou incendiés; les dégâts se répartissant désormais de manière presque équitable entre les deux camps. Partout, des graffiti vengeurs recouvrent les ruines. Depuis janvier, 40 000 personnes, en majorité musulmanes, ont fui cette guerre civile qui ne dit pas son nom

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