«Je compte me rendre la semaine prochaine à Moscou. Ce sera un acte
symbolique pour montrer qu'en Russie, la loi prime sur l'arbitraire»: tête haute, mais le front un peu soucieux, le milliardaire russe Boris Berezovski a exclu hier de «(se) cacher» à Paris où l'a atteint, mardi, l'annonce d'un mandat d'arrêt lancé contre lui par la justice de son pays. Flanqué de trois gardes du corps massifs, celui qu'on surnommait le «Raspoutine du Kremlin» a improvisé une conférence de presse à l'hôtel Crillon, à Paris, pour réagir à cette nouvelle étape de sa disgrâce. Le plus célèbre des «oligarques» russes, limogé le mois dernier de son poste de secrétaire exécutif de la CEI, se dit «pas surpris de ce qui (lui) arrive»: son inculpation pour commerce illégal et blanchiment d'argent (il aurait détourné des millions de dollars des caisses de la compagnie aérienne Aeroflot) n'est, selon lui, que la traduction «d'une lutte politique intense» au sommet du pouvoir entre communistes et réformateurs. Lâché par un Boris Eltsine de plus en plus affaibli, Berezovski n'a pas mâché ses mots hier contre les menées de ses deux ennemis jurés, le Premier ministre Evgueni Primakov et le procureur général de Russie Iouri Skouratov. Primakov, accuse-t-il, «est plus dangereux que les communistes. Il veut reconstituer un empire, fondé sur la force ["] et sur l'antisémitisme». L'ex-éminence grise du président russe ne s'étonne pas non plus du mandat d'arrêt, également lancé mardi, contre Alexandre Smolenski,




