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Libération

De Brixton à Soho, défilé contre les bombes. Avant l'annonce de l'arrestation, des centaines de personnes ont manifesté contre le racisme et l'homophobie.

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Publié le 03/05/1999 à 0h51

Londres, correspondance.

«Arrêtez les bombes». Le slogan s'affiche en grosses lettres noires sur fond jaune. Katia, une jeune serbe de 21 ans, étudiante à la London school of Economics brandit sa pancarte devant le 10 Downing Street. D'habitude, elle siffle les touristes venus se faire photographier devant le domicile du Premier ministre parce qu'elle tolère mal ces passants indifférents aux bombardements de l'Otan sur la République fédérale de Yougoslavie. Mais pas ce samedi 1er mai. Silencieuse, elle scrute la foule qui lui fait face, avec le sentiment étrange de se voir dans un miroir. A 20 mètres, de l'autre côté de la chaussée, une jeune femme aux cheveux courts lui sourie. Comme les centaines de manifestants venus crier leur rejet de la violence après les trois attentats de Brixton, Brick-Lane, et vendredi Soho qui ont touché les communautés pluri-ethniques de Londres, cette anonyme, elle aussi brandi sa pancarte, «arrêter les bombes». L'espace, d'un instant, Katia se sent plus londonienne que Serbe. Partie du coeur de Brixton, le quartier afro-antillais de Londres, la manifestation est surprenante mais reflète la société britannique. En Angleterre, les communautés peuvent conserver les traditions liées à leur culture, mais dans leur coin. Le cortège comprend peu d'Asiatiques, encore moins de Noirs, comme si chacun n'était pas concerné par ce qui peut advenir de l'autre. L'expression d'une vie très séparée, très communautaire. Seuls les homosexuels sont venus en nomb

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