L'opinion européenne est à fois une addition d'opinions nationales,
mais aussi une ébauche d'opinions communes transnationales. C'est ce qui ressort du sondage Ipsos-Libération-World Media Network, réalisé dans huit pays membres de l'UE et que nous publions ci-contre (1). On relève ainsi que, s'il est sans doute prématuré de parler de conscience européenne, un certain sentiment européen est en train de gagner du terrain, notamment chez les jeunes. La guerre au Kosovo aura contribué à précipiter les choses, comme en témoigne le spectaculaire retournement s'agissant des rapports entre l'Europe et les Etats-Unis.
En quelques mois, le souhait de voir l'Europe se «rapprocher» des Etats-Unis a chuté dans des proportions considérables dans quatre des pays membres de l'UE qui avaient déjà été sondés à ce sujet. Le plus étonnant concerne l'Allemagne, réputée fidèle à la protection militaire américaine et où les partisans d'un «rapprochement» passent de 66% en septembre 1998 à 38% en mai 1999, deux mois environ après le début des raids aériens sur la Yougolavie. En France, l'américanophilie perd également 16 points, en Italie 15, en Espagne 5. Il n'y a que les Britanniques pour se sentir encore plus solidaires qu'avant de leurs cousins d'outre-Atlantique. Et encore, ceux qui veulent désormais «une prise de distance» avec les Etats-Unis progressent quand même de 4 points.
Si, au niveau global, le soutien des Européens à l'intervention militaire reste majoritaire grâce aux «grands pays» co




