Bruxelles, correspondance.
Janine a 75 ans. Comme d'habitude, elle vient faire ses courses avec son mari, dans le supermarché GB, à côté de chez elle. Mais, cette fois, le coeur n'y est plus. Depuis cinq minutes, elle se tient devant le rayon viande, inspecte avec inquiétude les rôtis, cherche désespérément l'origine des produits sur des étiquettes souvent illisibles. «Ce qui se passe est dégoûtant. On regarde à droite, à gauche, mais on ne sait plus quoi acheter. Nous sommes trop vieux pour changer nos habitudes et aller dans les magasins bio. C'est vraiment triste. Tout ça, c'est à cause des autorités, de leur négligence, de l'absence de contrôle"»
Comme elle, des millions de Belges vivent depuis une semaine en plein désarroi alimentaire. Après avoir jeté oeufs, saucisses et mayonnaise, ils se débarrassent maintenant de leurs litres de lait et de leurs plaquettes de beurre. Les plus malins les rapportent dans le GB ou le Delhaize du coin (les deux plus grandes chaînes se supermarché belges) qui les remboursent ou les leur échangent contre des bons d'achat. «Je suis inquiet, pas tellement pour moi, mais pour les jeunes», explique André, 72 ans, en alignant sur le comptoir du magasin un véritable arsenal: biscuits, mayonnaise, lardons, soupes. En face, la caissière, visiblement exaspérée, pointe la marchandise qui va rejoindre les tonnes de produits retirés des rayons.
Compte-gouttes. Depuis quelques jours, les magasiniers ne font plus que ça: ils attendent les dernières instru




