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Libération

Grévistes de la faim contre Castro. Des dissidents réclament plus de libertés politiques.

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Publié le 19/06/1999 à 23h11

Depuis le 7 juin, deux douzaines de dissidents observent à La Havane

une grève de la faim prévue pour durer quarante jours. Ils entendent dénoncer les quarante années de régime castriste et réclament la libération des prisonniers politiques et le respect des droits de l'homme à Cuba. Dix d'entre eux se relaient en permanence au 34 de la rue Tamarindo à Santos Suarez, un quartier périphérique de la capitale. Les murs de la maison sont tapissés de photos de Martin Luther King et du Mahatma Gandhi, mais il y a aussi, à côté d'une image du Christ, un grand portrait de Jorge Mas Canosa, l'homme qui dirigeait, jusqu'à sa mort l'an dernier, la Fondation cubano-américaine, le puissant lobby anticastriste aux Etats-Unis, un «groupe terroriste», selon La Havane.

Cette initiative, sans précédent connu, est pour l'instant tolérée par le gouvernement. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, interlocuteur officiel de la presse étrangère, l'a simplement qualifiée de «spectacle à bon marché, à l'évidence organisé à partir de Miami». Les grévistes se disent décidés à durcir leur action s'ils venaient à être arrêtés, en renonçant aux boissons et aux vitamines qu'ils s'autorisent jusqu'à présent. «Nous sommes déterminés à tout affronter, parce que vivre sans liberté, ce n'est pas une vie», a déclaré Marcos Torres Leon, animateur du Partido 30 de noviembre. Quatre autres organisations dissidentes participent à la grève et des groupes de province se seraient joints à leur démarche.

Oc

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