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Libération

Apocalypse en juillet au Japon

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Des millions de fans nippons de Nostradamus croient la fin proche.

ParFrédérique AMAOUA
Tokyo de notre correspondante
Publié le 21/06/1999 à 23h10

Si tout le monde attend avec une certaine anxiété mêlée d'excitation le passage à l'an 2000, des millions de Japonais tremblent à l'approche du mois de juillet. Date du vrai «bug» de cette fin de siècle, à en croire les prophéties de Nostradamus.

Le succès de l'Année de la France au Japon, qui se termine ce mois-ci, n'y est sans doute pour rien mais force est de constater que la popularité du devin français du XVIe siècle, vivace dans l'archipel depuis une vingtaine d'années, n'a jamais été aussi forte qu'actuellement. A preuve, l'Internet est inondé de centaines de sites web en japonais consacrés au confident de Catherine de Médicis, qui a prédit l'extinction de l'humanité cette année. «La grande terreur tombera du ciel le septième mois de 1999 (Nostradamus, Siècles).» Symptomatique encore de cette étrange psychose nippone, plus d'une vingtaine d'ouvrages ont été publiés l'an dernier dans l'archipel sur la vie et les prédictions de Nostradamus. Une dizaine d'autres l'ont été depuis le début de l'année, les maisons d'édition redoublant d'ardeur pour exploiter sans vergogne le filon apocalyptique.

Auteur de l'un de ces best-sellers publié en février dernier, Akio Cho prétend même avoir réussi à décoder par des calculs savants les écrits nébuleux de Nostradamus et découvert l'heure exacte et la date du grand cataclysme: le 24 juillet à 17 heures pile. Au pays des montres à quartz et des trains qui arrivent à l'heure, une telle précision dans l'art de la prophétie n'étonne (presq

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