Cette phrase est noyée dans l'accablant rapport de Human Rights
Watch qui, sous le titre «Rester impunis malgré des meurtres, des mutilations et des viols», publie aujourd'hui un véritable martyrologue des exactions commises en Sierra Leone: «Dans sa tentative de négocier une fin à la guerre civile, écrit l'organisation humanitaire américaine, la communauté internationale et le gouvernement sierra-léonais doivent insister sur la nécessité de traduire en justice les responsables de flagrantes violations des droits de l'homme». En fait, sommé de toutes parts de former un «gouvernement d'union nationale», le président Ahmad Tejan Kabbah, régulièrement élu en 1996, vient d'offrir deux portefeuilles ministériels aux rebelles massacreurs du Front révolutionnaire uni (RUF), qui en exigent toujours six après en avoir demandé onze" A coups de machette, le RUF se sera frayé son chemin au gouvernement. Dans son rapport, fruit d'une enquête menée sur place d'avril à juin, Human Rights Watch accuse le mouvement rebelle de faire régner, depuis 1991, une «terreur totale» en Sierra Leone. En huit ans, sans attirer grande attention, quelque 50000 civils auraient été tués et près d'un million d'habitants un cinquième de la population chassés de leurs foyers. Rien qu'au cours des trois semaines pendant lesquelles le RUF a contrôlé une partie de la capitale Freetown, en janvier dernier, quelque 6000 civils ont été massacrés, des centaines d'autres mutilés, de nombreuses femmes et même des f




