Moscou, de notre correspondant.
Non, la place Rouge n'est plus l'une des plus belles places du monde que tout piéton de la planète rêve de fouler et où les touristes convergent pour l'indispensable photo souvenir, c'est d'abord une «nécropole», un cimetière. On ne doit pas venir là pour le fun ou le flirt, mais pour le repos des morts, il est vrai nombreux dans le secteur. Outre la super star Lénine le seul à avoir droit à une suite mortuaire , sont enterrés le long des murs du Kremlin bien des sommités du régime soviétique, de l'américain John Reed («Les dix jours qui ébranlèrent le monde») au géorgien Staline (qui occupa, un temps, la suite mortuaire aux côtés de Lénine), de Nadejda Kroupskaïa à Clara Zetkin.
Ces morts, un peu oubliés ou banalisés, ont droit au repos éternel dit, en substance, Youri Krapivine. Directeur du service fédéral de la garde, Krapivine a donc signé un «ordre» allant dans ce sens le 27 janvier 1999. Presque six mois de lenteur bureaucratique plus tard, il vient d'être enregistré par le ministère de la Justice sous le n°1787. Selon cet «ordre», en principe applicable (mais il ne l'est pas encore), il est interdit de danser, chanter, manger, boire de l'alcool, jouer de la musique sur la place Rouge ou, plus exactement «sur le territoire du Kremlin et de la nécropole». L'«ordre» ne vaut pas seulement pour le badaud, mais aussi pour les «événements d'Etat», entendez les concerts monstres comme la mairie de Moscou en avait organisés il y a deux ans p




