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Libération

Suède: la menace du «pouvoir blanc». L'escalade des attaques néonazies a forcé les autorités à réagir.

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Publié le 24/07/1999 à 0h02

Stockholm, de notre correspondant.

Pour Stieg Larsson, les néonazis suédois ont franchi le Rubicon fin mai lorsque trois d'entre eux, après un hold-up, ont abattu deux policiers. «Les victimes ont été achevées à bout portant d'une balle dans la tête. Il ne s'agissait pas de tuer, mais de bafouer la démocratie», note ce journaliste suédois de l'agence de presse TT, spécialiste de l'extrême droite. Depuis, deux attentats à la voiture piégée ont brutalement fait grimper la tension. Le premier a blessé un journaliste de Stockholm. Quelques jours plus tard, deux policiers de Malmö, attirés par un coup de téléphone anonyme vers une voiture cambriolée, ont été blessés dans l'explosion de celle-ci. «La stratégie des néonazis a changé, analyse Stieg Larsson. Les immigrés étaient leur cible. Maintenant, ils disent que ce n'est pas un problème, qu'ils s'en occuperont en deux jours lorsqu'ils seront au pouvoir. L'ennemi désormais, c'est la société, la démocratie et tous ses représentants, journalistes, policiers, enseignants. Donc il faut s'attendre à plus de violence», s'inquiète Stieg Larsson qui croit que la stratégie américaine de «résistance sans leader» s'est implantée en Suède. Une stratégie d'actions organisées par des individus isolés qui agissent sans en référer à qui que ce soit.

«Survie ethnique». Entouré de deux jeunes acolytes aux cheveux ras, aux bras musculeux ornés de tatouages d'inspiration viking, «Erik», à une terrasse de bar de Stockholm, préfère l'appellation de

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