Ils s'appelaient Koita Yaguine et Tounkara Fode. Ils étaient
guinéens et étaient âgés de 14 et 15 ans. Leurs corps sans vie ont été découverts, lundi matin à l'aéroport de Bruxelles, dans le train d'atterrissage d'un avion de la Sabena en provenance de Conakry et Bamako. Un drame qualifié d'«atroce» par le ministre de l'Intérieur belge, Antoine Duquesne, pour qui ces jeunes demandeurs d'asile «sont essentiellement des malheureux».
L'affaire apparaît d'autant plus tragique que les enfants avaient écrit une lettre, le 29 juillet, découverte dans leur poche et révélée hier à la presse, dans laquelle ils justifient leur périlleux voyage par la situation désastreuse de l'Afrique. Ils y évoquent, dans un excellent français, le manque de nourriture et d'éducation, l'absence de loisirs, et demandent à être traités avec respect. Ils prient les destinataires de leur lettre, les «excellences et responsables de l'Europe», d'accorder aide et attention aux enfants d'Afrique.
Nés à Conakry, ils étaient scolarisés dans leur pays: ils ont d'ailleurs été identifiés sur la base de leur carte d'identité scolaire. Ils s'étaient emmitouflés dans plusieurs couches de vêtements mais, à 10 000 mètres d'altitude, les chances de survie sont très faibles (lire ci-contre). Pourtant, le 26 janvier dernier, après plusieurs heures de vol, un jeune Sénégalais était arrivé sain et sauf à Lyon, après un voyage dans le train d'atterrissage d'un avion. Un «miracle» sans doute parvenu aux oreilles de Koita et de To




