Menu
Libération

Le retour au compte-gouttes des Kosovars réfugiés en France. La plupart sont réticents à se réinstaller tout de suite dans leur pays.

Réservé aux abonnés

Publié le 06/08/1999 à 0h23

Quelque 300 réfugiés kosovars accueillis en France au printemps

dernier ont quitté Paris hier pour regagner Pristina. Ils sont les premiers Kosovars, sur les 6 500 reçus dans des centres d'hébergement français, à retourner chez eux. Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, a annoncé qu'un avion par semaine assurerait le rapatriement des candidats au retour d'ici fin août. Ces réfugiés ont reçu une aide financière de 3 000 F par adulte et 1 000 F par enfant. Toutefois, les candidats au départ sont encore peu nombreux.

Demain, ils partent à la mer, à Ouistreham. «On prendra des chapeaux et de la crème solaire. Le Calvados, c'est un pays d'élevage et de fromage.» traduit l'interprète. «Fro-ma-ge» reprennent en choeur les enfants. Dans ce foyer Sonacotra de Champigny-sur-Marne, qui accueille depuis le 24 avril, 67 Kosovars de la région de Ferizaj, l'heure n'est pas encore au retour. Seul, un jeune couple a décidé de repartir dès que possible. Les autres, des commerçants, des professeurs, des avocats, hésitent, disent qu'il faut voir, et partiraient bien pour tâter le terrain, constater les dégâts, et revenir. Encore trop bouleversés pour se décider, mais assez apaisés pour avoir envie de se poser un peu.

Devenir européen. Crâne rasé et barbiche très mode, Ramadan a 30 ans. Il y a seulement six mois, c'était un des hommes les plus riches du Kosovo. Grossiste «en tout», il a beaucoup voyagé, vécu facilement avec sa femme, pharmacienne. Depuis trois semaines, ils on

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique