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Les sacrifiés du plus grand barrage indien. Les habitants de la vallée veulent faire un «sit-in jusqu'à l'engloutissement».

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Publié le 09/08/1999 à 0h25

Domkhedi envoyée spéciale

Encore quelques mètres et les premières maisons de Domkhedi et des autres villages de la vallée de Narmada seront englouties. Dans deux jours ou dans deux semaines. Tout dépend de l'intensité des pluies de la mousson qui vont faire déborder le vase, en l'occurrence les 214 kilomètres de réservoir d'eau du barrage de Sardar Sarovar, l'un des 3 300 barrages du projet titanesque d'aménagement de la vallée de Narmada, située au confluent de trois Etats indiens, le Maharashtra, le Madhya Pradesh et le Gujarat.

Autarcie. A Domkhedi, les derniers rangs de maïs ont les pieds dans l'eau. Des arbres, on n'aperçoit que la cime épargnée. Déjà, une fillette a été engloutie par la vase le 7 juillet dernier, alors qu'elle était partie chercher de l'eau à la rivière. Comme partout dans les villages tribaux de la vallée de Narmada, la rivière est source de vie. Il n'y a ici pas d'autre ressource en eau potable. Pas d'électricité, pas de téléphone non plus. Jusqu'aux grands travaux d'Hercule du projet d'aménagement de la vallée, les Adevasis, comme on appelle en Inde les «tribaux», vivaient en autarcie quasi totale. Sauf le sel acheté en ville, la nature, le travail des champs, le bétail et la rivière leur permettaient de survivre sans autre dépendance.

Depuis quinze ans, les Adevasis de la vallée de Narmada se battent contre les barrages. A Domkhedi et dans les villages voisins contre le plus grand de tous: le Sardar Sarovar, un géant de béton que les constructeurs esp

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