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Analyse

La longue main pakistanaise. Islamabad est derrière l'offensive taliban.

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Publié le 10/08/1999 à 0h08

La contre-offensive du commandant Ahmed Shah Massoud, dernier

obstacle à la mainmise des «étudiants en théologie» taliban sur la totalité de l'Afghanistan, paraît avoir rétabli le statu quo ante (lire ci-contre). La ligne de front qui prévalait avant le déclenchement par les taliban (principalement d'ethnie pachtoun) d'un assaut destiné à balayer ce qu'il reste d'opposition (principalement d'ethnie tadjik) semble avoir été plus ou moins rétablie. Ainsi vont les choses dans l'Afghanistan en guerre depuis 1979. La guerre par procuration qui prévalait pendant l'occupation soviétique s'est prolongée. Les rivalités ethniques se sont exacerbées alors que le Pakistan, où ont été formés les taliban qui s'emparèrent de Kaboul en 1996, imposait son influence sur le pays déchiré. Les Afghans paraissent aujourd'hui de moins en moins maîtres de leur destin. «Armes et argent.» Le Pakistan, Etat fondé sur l'islam, ne cesse de démentir son soutien direct aux militants islamistes qui débordent de ses frontières, qu'il s'agisse du Cachemire indien ou de l'Afghanistan. Les combattants musulmans cachemiris, repoussés par l'Inde à la mi-juillet après deux mois de combats frontaliers, tout comme les taliban, doivent pourtant beaucoup à l'ISI, les services secrets de l'état-major pakistanais. Il ne fait guère de doutes que la récente offensive déclenchée par la milice islamiste est l'expression de la volonté d'Islamabad. «Si le Pakistan cessait toute fourniture d'armes et d'argent et toute facilit

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