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Libération
Reportage

«Bien sûr, il reste des corps à l'intérieur, mais que peut-on faire?» Les secouristes travaillent au coup par coup, sans coordination.

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Publié le 23/08/1999 à 0h15

Gölcük envoyé spécial

C'est peut-être le dernier sauvetage avant les démolitions, et Stéphane Sadak pleure. Ce lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers de Metz a réussi, avec son équipe, à extraire une hémiplégique des décombres d'un immeuble. A 10 h 30 hier matin, des promeneurs passent devant un immeuble et entendent des cris étouffés. Ils viennent du rez-de-chaussée, totalement écrasé par les quatre autres étages. «Ils se sont adressés à moi, puisque notre quartier général est à trois minutes de là», se souvient Stéphane. Avec quatre de ses hommes, il les suit, mollement. «La veille au soir, on nous a fait ce coup-là huit fois de suite, sans qu'on ne trouve rien, malgré les chiens et les sondes.»

«Des sons humains». Mais les cris, il les entend, lui aussi. «Des sons humains, mais pas de mots.» Très vite, un couple rejoint les pompiers. Aïssam pleure de rire. «Je savais qu'elle s'en sortirait. Je l'ai toujours su.» La personne sous les décombres, c'est sa belle-mère. Adalet a 45 ans, elle est hémiplégique depuis plusieurs années, depuis un accident cérébral. Mais son fils, Yorim, comprend parfaitement les sons qu'elle emploie, son nouveau langage depuis l'accident. Alors les pompiers le hissent dans l'étroit goulet qui mène à elle. Un petit tunnel de 90 centimètres de haut, qui conduit à une excavation presque de la hauteur d'un homme. Mais Adalet a les jambes coincées sous une dalle. Les pompiers et leur lampe torche l'effraient. Elle n'a pas vu de lumière depuis six jours

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