Pristina, envoyé spécial.
De l'avis de tous les participants, «les discussions furent extrêmement tendues». Et Bernard Kouchner, épuisé par l'âpreté des débats, n'est pas peu fier d'avoir su mener à son terme la session du Conseil de transition, qui hier, pour la première fois, réunissait tous les représentants de la vie politique kosovare. Autour de la table, le président élu par la communauté albanaise, Ibrahim Rugova, a pris place aux côtés de son rival, Hashim Thaçi, chef du gouvernement provisoire mis en place par l'Armée de libération du Kosovo. Leur faisant face, le patriarche Kyr Artemije, prélat de l'Eglise orthodoxe, flanqué de Momcilo Trajkovic, chef de file du Mouvement de résistance serbe.
Idée intolérable. Pour corser le tout, un document de trois pages, soumis au jugement de l'envoyé spécial des Nations unies par la délégation serbe: «La cantonisation du Kosovo-Metohija». Projet explosif ressemblant à s'y méprendre à un plan de partition de la province. Idée tout simplement intolérable pour les indépendantistes, radicaux comme modérés. Dans ce texte iconoclaste, et afin de «protéger la population serbe exposée à la discrimination, l'expulsion, l'assassinat», Momcilo Trajkovic suggère «d'aborder la question sous un nouvel angle», proposant un «modèle de cantonisation». Le Kosovo serait alors découpé en secteurs administratifs épousant les contours de la nouvelle carte ethnique dans la province. «En zones rurales, précise-t-il, les populations majoritairement ser




