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Libération

«On pousse ces réfugiés vers la mort». A Dili, l'ONU évacue son local, laissant 1 500 Timorais face aux milices.

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Publié le 10/09/1999 à 0h32

Dili (quartier général de l'Unamet), envoyé spécial.

L'évacuation ce vendredi matin vers Darwin, en Australie, de la plupart des membres de la mission des Nations unies au Timor oriental (Unamet) a été rebaptisée «relogement temporaire» par un officiel de l'ONU. Officiellement, il ne s'agit pas de capituler, mais simplement de battre en retraite. «Nous espérons être de retour et à nouveau entièrement opérationnels dans quelques semaines», a-t-il ajouté sans avoir l'air de trop y croire. 400 employés de l'ONU ­ internationaux et locaux ­, ainsi que leurs familles, seront de cette «évacuation de sécurité», menée par plusieurs gros porteurs de l'armée australienne après un voyage à haut risque entre le siège de l'Unamet à Dili et l'aéroport de la capitale timoraise.

Mais une quarantaine d'employés des Nations unies ont décidé de rester dans les locaux de l'Unamet afin d'assurer une présence symbolique visant à dissuader les miliciens anti-indépendantistes et les militaires indonésiens de s'en prendre aux quelque 1 500 réfugiés qui sont placés sous la protection de l'ONU depuis le week-end. L'évacuation du personnel onusien, qui devait à l'origine avoir lieu jeudi matin, a été reportée d'un jour, après que l'immense majorité des employés internationaux de l'ONU à Dili ont adressé au chef de la mission, Ian Martin, une pétition dans laquelle ils affirmaient leur détermination à rester à tout prix, afin de servir de «bouclier humanitaire» aux réfugiés. Les journalistes présents ont

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