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«Le président Habibie a vendu l'île de Timor». Les anciens combattants indonésiens n'admettent pas l'abandon de la province.

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Publié le 16/09/1999 à 0h45

Djakarta, envoyé spécial.

«Avant le vote pour l'indépendance de Timor, les Indonésiens nous admiraient comme des héros, comme les soldats qui s'étaient battus pour arracher l'Irian Jaya aux Néerlandais. Mais, aujourd'hui, je ne suis pas sûr», lâche avec un rictus d'amertume le colonel Ronny Muaya, 52 ans, calé dans son fauteuil de velours. «Nous avons été des acteurs de l'histoire, nous sommes les premiers à nous être battus pour l'intégration. Nous avons sacrifié notre santé et notre vie, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes comme soldats, mais le gouvernement abandonne le Timor-Est comme cela, soudainement, et sans aucune préparation», s'indigne-t-il en posant sur la cuisse son bras droit, une prothèse en plastique d'un rose grisâtre, résultat d'une balle reçue en 1978 à Viqueque, dans l'est du Timor oriental.

Groupe de pression. Le 7 décembre 1975, jour de l'invasion du Timor, Ronny Muaya, alors jeune lieutenant des forces stratégiques (Kostrad), avait été parachuté sur Dili à la tête d'une section de 36 hommes. Trois ans après, sa blessure l'a écarté des unités de combat, mais la fierté de ses faits d'armes de jeunesse a imprégné toute sa carrière ultérieure. Sa «déception» après la victoire de l'indépendance au référendum du 30 août est partagée, assure-t-il, par tous ses compagnons d'armes. Le colonel Muaya et ses anciens camarades ont organisé un groupe de pression pour «signifier aux gouvernements actuel et futur qu'ils ne doivent pas considérer notre sacrifice c

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