Dili, envoyé spécial.
Le quartier général de la milice Aitarak (l’écharde) est situé en plein coeur de la capitale du Timor oriental, derrière un hôtel pour touristes. C’est un ensemble de bâtiments en béton de deux étages, peint en blanc, doté d’une grande cour intérieure. Les miliciens anti-indépendantistes ont fini de vider les lieux dans la nuit de mardi à mercredi, emportant le produit de leurs pillages dans des dizaines de camions escortés par l’armée indonésienne. Ils laissent dans leur sillage une ville dévastée et détruite, un spectacle d’apocalypse où les rares rescapés, qu’on voit camper sur les trottoirs, en sont maintenant réduits à piller pour survivre.
Identification impossible. Une odeur de mort flotte autour du QG abandonné. Elle émane de la cour d’une maison jouxtant le complexe. Des voisins à la mine défaite nous guident vers un puits, au fond de la cour. La bouche en ciment est étroite. Dans un jus visqueux, infesté d’asticots, flottent des cadavres démembrés et sans tête. «Des soldats australiens de la force internationale, qui sont venus là ce matin, ont estimé qu’il y en avait des dizaines, peut-être jusqu’à 70, empilés les uns sur les autres», explique cet habitant, trop inquiet pour donner son nom. Il ajoute avoir guidé sur les lieux les militaires de la force internationale, qui étaient à l’origine venus pour arrêter les miliciens dans leur QG, qu’ils ont trouvé vide.
Selon un autre homme qui se tient à ses côtés, le puits ferait plus de sept mètres de




